Par Patricia Rambaud, partenaire experte en expérience client.
Pour lire (ou relire) l’épisode 1 « Le trio gagnant du CRM : confiance, fidélité, performance », cliquez ici.
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Un CRM bien utilisé peut transformer la relation client : plus de réactivité, plus de fiabilité, plus de confiance. Mais encore faut-il choisir le bon. Car derrière ce mot unique se cachent des outils très différents, et surtout, des usages qui peuvent faire toute la différence entre un projet réussi et un échec coûteux. Choisir un CRM, ce n’est pas un acte technique : c’est une décision stratégique, qui engage la façon dont on veut travailler et collaborer demain.
Un outil qui doit d’abord donner envie d’être utilisé
La première question à se poser n’est pas « quel CRM choisir ? » mais « comment mes équipes vont-elles l’utiliser ? ». Un CRM doit avant tout être simple, fluide, intuitif. S’il n’est pas agréable à utiliser, il sera contourné. On voit encore trop souvent des outils installés avec les meilleures intentions du monde, mais abandonnés au bout de quelques mois, faute d’adhésion. La réussite d’un CRM repose donc d’abord sur sa facilité d’usage et son adéquation avec la culture et la maturité digitale des équipes. L’outil doit servir les utilisateurs, pas les contraindre.
Budget et coûts cachés : regarder au-delà du prix affiché
Vient ensuite la question du budget. Les CRM sont souvent proposés sous forme d’abonnement, avec un coût par licence ou par utilisateur. À cela s’ajoutent parfois des coûts dits « cachés » : options d’automatisation, de reporting de personnalisation ou d’ajout de nouveaux utilisateurs. Ce qu’il faut anticiper, ce n’est pas seulement le coût d’entrée, mais le coût réel dans le temps. Certains outils semblent abordables au départ, mais deviennent rapidement onéreux dès qu’on élargit leur périmètre d’utilisation. Le bon réflexe consiste à clarifier dès le départ ce dont on a réellement besoin, et à demander des simulations sur le coût total à un an ou deux ans.
Choisir un CRM, c’est penser à demain
Un autre critère essentiel : la capacité de l’outil à évoluer avec l’entreprise. Le CRM choisi doit pouvoir grandir avec les équipes et la clientèle. Si demain le nombre d’utilisateurs double, si la base clients s’élargit, si de nouvelles fonctionnalités deviennent nécessaires, l’outil doit pouvoir suivre. Choisir un CRM, c’est aussi se projeter : comment voulons-nous travailler demain ? Quels services, quels volumes, quelles intégrations serons-nous amenés à gérer ? Cette anticipation évite bien des migrations complexes quelques années plus tard.
Être au clair sur ce que l’on veut vraiment en faire
Avant d’acheter, il faut également identifier précisément ses besoins. Cela passe par une réflexion concrète : souhaite-t-on automatiser certaines relances ? Mettre en place des enquêtes de satisfaction après chaque commande ? Générer des tableaux de bord de suivi commercial ? Enrichir automatiquement les fiches clients avec des données externes (comme les informations INSEE sur les entreprises : secteur, taille, forme juridique) ? Plus les besoins sont clairs, plus le choix sera pertinent.
L’écosystème digital : un CRM doit s’intégrer sans friction
Dernier point à prendre en compte : la compatibilité du CRM avec les outils déjà en place. Il doit pouvoir communiquer facilement avec le système de facturation, l’ERP, ou d’autres logiciels internes. Si les outils ne se parlent pas, on multiplie les doubles saisies, les décalages de données, et on perd en efficacité. C’est un point clé à vérifier dès le début du projet.
Quel outil pour quelle structure ?
Quelques exemples d’outils peuvent guider le choix : HubSpot, par exemple, est souvent apprécié pour sa simplicité et sa version gratuite qui couvre les fondamentaux. Zoho CRM, également gratuit pour les trois premiers utilisateurs, est idéal pour les petites structures. Bitrix24 et Dolibarr, open source et économiques, conviennent bien aux PME. Salesforce, enfin, est le leader du marché pour les entreprises de taille intermédiaire ou les grands groupes : puissant, complet, mais plus exigeant en termes de paramétrage et de budget. L’enjeu n’est pas de choisir le « meilleur CRM du monde », mais celui qui correspond à la taille, aux besoins et au rythme de l’entreprise.
Une mise en place qui prend du temps… et c’est normal
Quel est le temps nécessaire pour mettre en place un CRM ? Au minimum trois mois, souvent davantage. Ce délai n’est pas une contrainte, c’est une garantie de réussite. Il faut définir les besoins, lancer un appel d’offres, sélectionner l’outil, le personnaliser, l’installer, former les collaborateurs, puis accompagner les usages. Un déploiement précipité donne toujours un outil mal adopté. La clé, ici, c’est la préparation et l’accompagnement.
En conclusion : choisir simple, évolutif et humain
En résumé, un bon CRM, ce n’est pas celui qui fait tout, mais celui qui fait juste ce qu’il faut — bien, simplement, durablement. Pour être adopté, intégré et capable d’évoluer, l’outil doit être pensé pour et par les équipes, au service de la relation client, et non l’inverse. C’est l’équilibre entre la technique et l’humain qui fera toute la différence.
Et justement, en parlant d’humain, comment intégrer l’IA dans la démarche commerciale sans perdre la dimension humaine ? C’est le sujet que nous aborderons dans le prochain épisode de cette série.
Stay tunes !
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