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Digitalisation

Digitalisation : prévoir une architecture technique évolutive

Par Bertrand Helme-Guizon, partenaire associé expert en Digitalisation et Système d’Information.

La digitalisation repose sur une architecture technique solide, flexible et évolutive. Pourtant, de nombreuses entreprises échouent à anticiper les contraintes et les exigences de leurs systèmes numériques, se contentant d’une approche court-termiste ou mal intégrée. Cette erreur stratégique peut engendrer des systèmes coûteux, rigides et incapables de soutenir les besoins futurs de l’organisation.

Des choix techniques sans vision à long terme

Dans leur précipitation à digitaliser, certaines entreprises font des choix technologiques basés sur des critères immédiats (prix, délais de déploiement) sans considérer leur évolutivité ou leur compatibilité avec les systèmes existants. Ce manque de vision à long terme entraîne des architectures non-scalables, difficiles à maintenir ou à adapter.

Exemple concret : Une startup adopte une solution de gestion de données à faible coût pour accélérer son lancement. Mais lorsque l’entreprise grandit et que le volume de données explose, le système atteint ses limites techniques, imposant une migration coûteuse et complexe.

Chiffre clé : rapport “Readyness Report 2024” de Kyndryl : (71 %) des entreprises sont encore aux premières étapes ou aux phases intermédiaires de leur transformation numérique. Leurs principaux obstacles sont :

  • La complexité des systèmes existants (28 %)
  • La compatibilité de cet existant avec les technologies modernes (23 %)
  • Les coûts à long terme (21 %)

Un manque d’interopérabilité entre les systèmes

L’absence de standardisation ou de compatibilité entre les différents outils numériques constitue un autre obstacle majeur. Lorsque les systèmes ne communiquent pas correctement entre eux, des silos numériques se forment, reproduisant les inefficacités des silos organisationnels.

Exemple concret : Une entreprise de retail utilise des logiciels différents pour son e-commerce, sa gestion des stocks et sa logistique. L’absence de connectivité entre ces systèmes entraîne des erreurs de synchronisation, comme des produits affichés en stock sur le site mais indisponibles en réalité.

Chiffre clé : une étude de MuleSoft révèle que 89 % des responsables informatiques déclarent que l’intégration des données et des applications représente un défi majeur pour leur organisation.

Des failles en matière de cybersécurité

Les architectures techniques mal pensées laissent souvent la porte ouverte à des failles de sécurité, mettant en danger les données sensibles de l’entreprise et de ses clients. Ces vulnérabilités, souvent sous-estimées, peuvent entraîner des coûts considérables en cas d’incident (cyberattaque, violation de données, etc.).

Exemple concret : Une entreprise de services financiers implémente un outil de gestion des clients sans respecter les normes de sécurité les plus récentes. Une cyberattaque expose les données personnelles de milliers de clients, causant une perte de confiance massive et des sanctions réglementaires.

Chiffre clé : Selon IBM, le coût moyen d’une violation de données est de 4,45 millions de dollars en 2023.

Une maintenance technique sous-évaluée

Les entreprises se concentrent souvent sur le déploiement initial des outils numériques, en négligeant la maintenance continue et les mises à jour nécessaires pour garantir leur pérennité. Cela conduit à une accumulation de dettes techniques, rendant les systèmes obsolètes et difficiles à faire évoluer.

Exemple concret : Une administration publique met en place une solution de gestion des dossiers citoyens, mais ne prévoit pas de budget pour la mise à jour régulière du système. Après cinq ans, la plateforme devient incompatible avec les nouveaux navigateurs, rendant son usage quasi impossible.

Pour aller plus loin :

Crédit image : Shutterstock

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