Pourquoi la qualité des interactions au sommet conditionne l’exécution de la stratégie et la performance. Par Karine Marmillot, partenaire experte en Stratégie & Enjeux Humains.
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Des stratégies solides… qui peinent à s’incarner
Dans les entreprises que j’accompagne, je rencontre rarement des dirigeants qui manquent de vision ou de stratégie. En revanche, je rencontre très souvent des équipes de direction qui peinent à faire vivre cette stratégie ensemble.
Avec le temps, j’ai appris à me méfier d’un CoDir qui « fonctionne bien » en apparence. Réunions régulières, ordre du jour clair, indicateurs suivis, décisions actées… Et pourtant, quelque chose résiste.
Là où ça se joue vraiment : la qualité des interactions
Ce qui se joue alors n’est pas visible dans les slides. Cela se joue dans la qualité des interactions : ce qui se dit, ce qui ne se dit pas, ce qui est évité, ce qui est décidé sans être vraiment partagé.
Un CoDir n’est pas seulement un lieu de décision. C’est un espace relationnel à haute intensité, où chacun arrive avec ses responsabilités, ses enjeux, ses zones de pouvoir, ses doutes aussi. Un lieu où l’on est censé décider collectivement, alors même que tout n’est pas toujours simple à dire.
Le piège des désaccords silencieux
Ce que j’observe le plus souvent, ce ne sont pas des conflits ouverts. Ce sont des désaccords silencieux. Des sujets sensibles contournés « pour aller vite ». Des décisions validées en séance mais discutées ensuite en aparté. Des arbitrages qui ne tiennent pas dans la durée, faute d’avoir été réellement travaillés ensemble.
Or, une gouvernance performante n’est pas celle où tout le monde est d’accord. C’est celle où le désaccord peut exister sans mettre en danger le collectif.
Sans parole claire, pas de stratégie incarnée
Sans cet espace de parole sécurisé et exigeant, la stratégie reste théorique. Elle ne s’incarne pas. Elle se délite au fil de l’organisation.
Sur le terrain, je vois des CoDir très différents. Certains servent surtout à diffuser de l’information descendante. D’autres entérinent des décisions déjà prises. Et parfois, les sujets sensibles ne sont tout simplement pas dits. Dans ces cas-là, le CoDir existe… mais il ne gouverne pas.
À quoi vous sert réellement votre CoDir ? Qu’en attendez-vous ? Quand cette intention est clarifiée, les postures évoluent. Les membres cessent d’être uniquement des experts autour de la table pour devenir des dirigeants collectivement responsables. Les décisions gagnent en clarté, en portée, et en impact opérationnel.
Ce que permet l’accompagnement
Lorsque j’accompagne un CoDir, je ne suis jamais seule. Un système en rencontre un autre, et c’est dans cette interaction que nous observons très concrètement ce qui change lorsque l’espace est posé autrement.
Les dirigeants prennent le temps de regarder comment ils décident ensemble, et pas seulement ce qu’ils décident. Les non-dits se nomment. Les désaccords deviennent utiles. Les responsabilités se rééquilibrent. L’excellence relationnelle se met en place.
Ce travail n’est jamais confortable. Mais il est profondément structurant.
Du travail relationnel à la performance
Et les effets sont très concrets. Moins de décisions remises en cause en aval. Moins d’énergie perdue dans des tensions silencieuses. Plus de cohérence managériale. Plus de vitesse d’exécution.
Avec le recul, je suis convaincue d’une chose : travailler la dimension humaine de la gouvernance n’est pas un supplément d’âme. C’est un levier direct de performance.
Un CoDir qui ose se dire les choses décide mieux, plus vite, et tient le cap dans la durée. Et quand la gouvernance gagne en clarté, c’est toute l’entreprise qui gagne en efficacité.
Chez 37.5 nous avons à cœur de créer les conditions pour aligner vos dirigeants, passer du dialogue à la décision, et de la stratégie à l’exécution terrain.
Ce qui ne se dit pas en CoDir se paye toujours ailleurs.
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Crédit image : Shutterstock


