Idée reçue #1 : l’excellence opérationnelle ça génère du stress

À la découverte de l’excellence opérationnelle selon 37.5, une posture et une culture que nous revendiquons comme nécessaires dans toutes les strates d’une organisation, et dont nous souhaitons déconstruire les idées reçues.

Idée reçue #1 : l’excellence opérationnelle, ça génère du stress

Par Delphine Greffet, Partenaire Expert – Excellence opérationnelle

« Depuis que la direction a décidé de faire du lean, mon job est devenu un enfer. On nous met la pression sur la productivité, sous prétexte qu’avant, on perdait beaucoup de temps à cause de gaspillages et qu’ils ont été éliminés, Résultat : les cadences sont devenues insoutenables… »

Mais non : l’excellence opérationnelle ce n’est pas éliminer les gaspillages aveuglément dans le seul objectif d’économiser et de faire en sorte que les équipes produisent toujours plus et plus vite. L’excellence opérationnelle permet de fluidifier le processus.

Mais qu’est-ce qui différencie l’accélération du processus de l’augmentation des cadences ?

L’élimination des gaspillages dans un objectif de fluidifier le processus, consiste à concentrer les actions sur ce qui crée de la valeur pour le client. Les gains de temps réalisés, notamment grâce à l’optimisation des postes de travail et des tâches, permettent l’implication des équipes dans l’amélioration continue pour produire mieux.

Imaginons un agent de conditionnement dans une cuisine centrale. Sous couvert d’un chantier « lean », l’organisation a été modifiée par les managers pour « éliminer les gaspillages ». La réduction des déplacements et des mouvements conduit à la répétition de gestes mécaniques favorisant le développement de troubles musculosquelettiques.

Mais la suppression des temps dits « morts » prive l’agent du lien social de l’entreprise. Le chef d’équipe relève plusieurs fois par jour les compteurs pour s’assurer que le volume de barquettes préparées est conforme à la productivité définie. Cette attitude est vécue comme un « flicage » et amplifie la pression subie par les employés.  Pour tenir le rythme et éviter des remontrances, l’agent focalise sur la vitesse d’exécution et remplit de façon approximative les barquettes. Résultat : la productivité est respectée, mais la qualité et les conditions de travail sont dégradées.

À la suite d’une augmentation inquiétante des arrêts maladies, une concertation avec les équipes donne lieu à une remise en question. Le management est à l’écoute et soutient les agents qui proposent les améliorations. Chacun est impliqué et les gains de productivité sont alloués à l’expérimentation, aux retours d’expérience et à l’apprentissage pour garantir efficience et qualité. Leur travail a un sens et la satisfaction des clients est au cœur de leurs préoccupations. L’agent de conditionnement est valorisé, respecté, autonome et apporte sa contribution, retrouvant un environnement de travail plus serein.

Les changements induits par la mise en œuvre de l’excellence opérationnelle dans une entreprise sont profonds et aucun aspect ne doit être négligé. A commencer par un management impliqué, formé et accompagné. Il saura ainsi guider, rassurer et garantir le respect de l’intégrité de la démarche et, de fait, préserver la qualité de vie au travail et la motivation de chaque collaborateur.

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Crédit image : shutterstock.com